HAD Soins et Santé : comprendre l’hospitalisation à domicile dans la région lyonnaise

Par Leonie Marchand
Une infirmière d'hospitalisation à domicile réalise un soin au chevet d'un patient, comme le fait l'équipe HAD Soins et Santé dans la région lyonnaise

HAD Soins et Santé est un établissement d’hospitalisation à domicile installé à Rillieux-la-Pape, au nord de Lyon, au 325 bis rue Maryse Bastié. Il permet à un patient de recevoir chez lui des soins de niveau hospitalier, sur prescription médicale, avec une équipe coordonnée et joignable à toute heure. Ce n’est pas une simple aide à la maison : l’HAD prend en charge des situations complexes, comme les soins palliatifs, les pansements lourds, les traitements par perfusion ou certains suivis de grossesse. L’admission passe toujours par un médecin, avec l’accord du patient et de son médecin traitant.

  • Ce que c’est : une structure d’HAD de l’agglomération lyonnaise qui a le statut d’établissement de santé.
  • Où la joindre : 325 bis rue Maryse Bastié, 69141 Rillieux-la-Pape cedex, téléphone affiché sur son site : 04 72 27 23 60.
  • Pour qui : des patients dont l’état exige des soins hospitaliers mais qui peuvent rester chez eux en sécurité.
  • Comment y accéder : sur prescription d’un médecin hospitalier ou du médecin traitant, avec le consentement du patient.

HAD Soins et Santé à Lyon : une structure hospitalière qui se déplace chez le patient

L’hospitalisation à domicile est une forme d’hospitalisation à part entière. Juridiquement, un établissement d’HAD est un établissement de santé, soumis aux mêmes exigences de qualité qu’une clinique ou un hôpital, avec une certification par la Haute Autorité de santé. La différence tient au lieu : la chambre d’hôpital devient la chambre du patient, et ce sont les soignants, le matériel et les médicaments qui viennent à lui.

Soins et Santé figure dans l’annuaire de la Fédération nationale des établissements d’HAD (FNEHAD), qui regroupe plus de 260 structures en métropole et outre-mer. Le site soinsetsante.org et celui de HAD Lyon affichent la même adresse à Rillieux-la-Pape et le même numéro de téléphone, et le livret d’accueil remis aux patients porte le nom HAD Soins et Santé. Pour une famille, l’essentiel est de savoir que ces deux appellations renvoient au même interlocuteur pour l’hospitalisation à domicile dans le secteur lyonnais.

Chaque établissement d’HAD intervient sur une zone géographique définie par son autorisation. Avant d’envisager une prise en charge, il est donc utile de vérifier par téléphone que la commune du patient est bien couverte, surtout pour les adresses situées en périphérie de la métropole. Les coordonnées et la zone d’intervention peuvent évoluer : mieux vaut les confirmer directement auprès de la structure ou sur l’annuaire officiel sante.fr.

Quels soins l’hospitalisation à domicile peut-elle assurer ?

Une HAD n’intervient pas pour des soins simples qu’un infirmier libéral peut réaliser seul. Elle se justifie quand la situation demande une coordination médicale, des passages fréquents, un matériel spécifique ou une surveillance renforcée. Le tableau ci-dessous présente les grandes familles de prises en charge rencontrées en HAD, à titre indicatif.

Type de prise en charge Exemples de situations Point de vigilance
Soins palliatifs Traitement de la douleur, soins de confort, accompagnement de fin de vie Anticiper les crises avec un protocole d’alerte écrit
Pansements complexes Escarres, plaies chroniques, plaies après chirurgie Fréquence des passages et matériel adapté
Traitements intraveineux Antibiothérapie, certaines chimiothérapies, nutrition parentérale Surveillance de la voie veineuse et des pompes
Suivi après une intervention Reprise d’autonomie, rééducation, surveillance post-opératoire Coordination avec le kinésithérapeute
Périnatalité Grossesse à risque, retour précoce après l’accouchement Dépend des autorisations de l’établissement
Pédiatrie Enfants atteints d’une maladie grave ou chronique Dépend des autorisations de l’établissement

Tous les établissements ne disposent pas des mêmes autorisations : certaines activités, notamment autour de la naissance ou des très jeunes enfants, relèvent d’autorisations spécifiques. Le médecin prescripteur et l’équipe de coordination vérifient ce point avant l’admission.

La surveillance fait aussi partie du soin. Chez un patient alité, certains signes doivent être signalés sans attendre le passage suivant : fièvre, essoufflement, confusion inhabituelle, saignement, ou encore des douleurs jambes associées à un gonflement d’un mollet, qui peuvent évoquer une phlébite. Pour mieux comprendre les causes possibles de ce symptôme, notre article sur les douleurs jambes fait le point, sans remplacer l’avis de l’équipe soignante.

Admission en HAD : de la prescription au premier passage de l’équipe

L’entrée en hospitalisation à domicile suit un circuit précis. Il peut sembler long vu de l’extérieur, mais chaque étape sert à vérifier que le domicile permet des soins sûrs.

  1. La prescription : elle émane d’un médecin hospitalier, souvent au moment de la sortie, ou du médecin traitant, parfois pour éviter un passage par l’hôpital.
  2. L’évaluation : un membre de l’équipe de coordination, en général un infirmier ou un cadre de santé, étudie le dossier et rencontre le patient et ses proches, à l’hôpital ou au domicile.
  3. Les accords : le patient donne son consentement, le médecin traitant accepte de rester le référent médical, et le médecin coordonnateur de l’HAD valide l’admission.
  4. La préparation : un projet thérapeutique personnalisé est rédigé, puis le matériel nécessaire (lit médicalisé, matelas anti-escarres, pompe, fournitures) est livré et un dossier de soins est laissé au domicile.
  5. Le démarrage et le suivi : les soignants interviennent selon le planning prévu, le projet est réévalué régulièrement, et la sortie d’HAD est organisée quand les soins hospitaliers ne sont plus nécessaires, avec un relais vers un infirmier libéral ou un service de soins infirmiers à domicile.

Le rôle du médecin traitant est souvent mal connu. Pendant l’HAD, il continue de suivre son patient et de prescrire, tandis que le médecin coordonnateur organise l’ensemble du dispositif et fait le lien avec l’hôpital. Si le médecin traitant ne peut pas assurer ce suivi, l’équipe d’HAD cherche une solution avec la famille avant de confirmer l’admission.

Prise en charge financière d’une hospitalisation à domicile

Comme toute hospitalisation, l’HAD est prise en charge par l’Assurance maladie. L’établissement facture directement les soins, les médicaments liés à la prise en charge et le matériel médical : le patient n’a pas à avancer ces frais auprès de chaque intervenant. Autre avantage par rapport à un séjour en établissement, le forfait journalier hospitalier ne s’applique pas à domicile.

Un ticket modérateur peut rester dû dans certains cas, selon la situation du patient. Il est souvent couvert par la complémentaire santé, et il disparaît lorsque le patient bénéficie d’une exonération, par exemple pour une affection de longue durée en lien avec les soins. Le plus simple est de poser la question à l’équipe administrative de l’HAD au moment de l’admission, puis de vérifier son contrat de complémentaire.

Ce qui n’entre pas dans le champ de l’HAD reste en revanche à organiser à part : aide au ménage, aux repas, garde de nuit, aménagement du logement. Des aides existent selon l’âge et la situation, comme l’allocation personnalisée d’autonomie ou la prestation de compensation du handicap. Pour les personnes atteintes d’une pathologie peu connue, le dossier peut être plus délicat à défendre : notre guide Maladie rare et MDPH donne des pistes concrètes pour le constituer.

Vivre une HAD au quotidien : place des proches et organisation de la maison

L’entourage n’est pas tenu de jouer le rôle de soignant. Sa présence est souvent précieuse, mais l’équipe d’HAD évalue dès le départ ce que les proches peuvent et veulent assumer, et ajuste le planning en conséquence. Dire ses limites dès l’évaluation évite l’épuisement quelques semaines plus tard.

Le ministère de la Santé rappelle que l’établissement d’HAD met à disposition du patient et de son entourage un protocole d’alerte pour les situations d’urgence. Ce document indique qui appeler, à quel moment et quels gestes faire en attendant. Il gagne à être affiché près du téléphone ou rangé avec le dossier de soins, et relu avec tous les proches qui se relaient au domicile.

Côté logement, quelques aménagements simples facilitent le travail des soignants : une pièce accessible pour le lit médicalisé, une prise électrique disponible à proximité, un espace de rangement pour les fournitures et un point d’eau pour l’hygiène des mains. Les déchets de soins à risque infectieux sont collectés selon un circuit organisé par l’HAD : ils ne vont jamais dans la poubelle ordinaire.

L’alimentation compte aussi dans le confort du patient. Les traitements lourds coupent souvent l’appétit, et les proches s’épuisent à préparer des repas que le malade ne termine pas. Des plats simples, en petites portions, sont souvent mieux acceptés ; nos idées pour cuisiner pour se soigner peuvent servir de point de départ, en respectant les consignes de l’équipe médicale ou du diététicien. L’immobilité et certains antalgiques favorisent également la constipation, un trouble qu’il faut signaler tôt : nos conseils sur que manger en cas de stase stercorale complètent utilement les recommandations des soignants.

Maladies rares et HAD soins et santé : préparer la coordination

Pour un patient atteint d’une maladie rare, l’hospitalisation à domicile pose une difficulté particulière : l’équipe peut découvrir la pathologie en même temps que le dossier. Ce n’est pas un défaut de compétence, c’est la conséquence logique de la rareté. La bonne réponse consiste à transmettre l’information plutôt qu’à attendre qu’elle soit trouvée.

  • Fournir les coordonnées du centre de référence ou de compétence qui suit le patient.
  • Joindre, s’il existe, le protocole national de diagnostic et de soins de la maladie.
  • Présenter la carte d’urgence spécifique à la pathologie lorsque le patient en possède une.
  • Lister les traitements contre-indiqués et les signes d’alerte propres à la maladie.

Ces documents aident le médecin coordonnateur à construire un protocole d’alerte adapté, au lieu d’un protocole générique. Certaines prises en charge lourdes, comme une chimiothérapie chez une personne jeune, soulèvent aussi des questions de santé reproductive qu’il vaut mieux aborder avec l’équipe spécialisée avant le début du traitement, car l’HAD n’est pas le lieu de cette décision.

Erreurs fréquentes autour de l’hospitalisation à domicile, et réflexes utiles

La plupart des difficultés rencontrées en HAD ne viennent pas des soins eux-mêmes, mais d’une mauvaise information au départ. Voici les écueils qui reviennent le plus souvent.

  • Attendre le jour de la sortie pour en parler : une HAD se prépare. Évoquer cette option avec le service hospitalier plusieurs jours avant laisse le temps d’évaluer le domicile et de livrer le matériel.
  • Confondre l’HAD avec un service d’aide à domicile : l’HAD apporte des soins médicaux et techniques, pas une aide pour les courses ou le ménage, qui relèvent d’autres services.
  • Hésiter à appeler la nuit : de nombreuses familles attendent le matin par peur de déranger. La permanence existe précisément pour ces moments.
  • Oublier de vérifier la zone couverte : un patient domicilié hors du secteur de l’établissement devra être orienté vers une autre HAD.
  • Laisser le dossier de soins incomplet : chaque intervenant, y compris le kinésithérapeute ou le médecin de garde, doit pouvoir y noter ses observations.
  • Surestimer la disponibilité des proches : un aidant qui travaille ou vit loin ne pourra pas être présent à chaque passage. Le dire franchement permet d’adapter l’organisation.

Un dernier réflexe : garder une copie du projet thérapeutique et du protocole d’alerte. En cas de transfert aux urgences ou de changement de soignant, ces documents font gagner un temps précieux et évitent des erreurs de transmission.

Qui peut demander une hospitalisation à domicile chez Soins et Santé ?

La demande peut venir du patient, de sa famille, d’un service hospitalier ou du médecin traitant. L’admission nécessite toutefois une prescription médicale et la validation du médecin coordonnateur de l’HAD, après une évaluation de la situation au domicile.

Le patient peut-il refuser ou arrêter l’hospitalisation à domicile ?

Oui. Le consentement du patient est indispensable avant toute admission, et il peut demander à mettre fin à l’HAD en cours de prise en charge. L’équipe organise alors un relais adapté, par exemple un retour en établissement ou un suivi par des soignants libéraux.

L’HAD peut-elle intervenir en EHPAD ?

Oui, l’hospitalisation à domicile peut intervenir dans les établissements médico-sociaux avec hébergement, dont les EHPAD. Une convention entre l’établissement d’accueil et l’HAD précise alors le rôle de chacun, ce qui évite un transfert à l’hôpital pour des soins techniques.

Qui appeler la nuit en cas de problème pendant une HAD ?

Le numéro de permanence remis à l’admission permet de joindre un professionnel à toute heure, puisque la continuité des soins est une obligation de l’HAD. En cas de détresse vitale, comme un arrêt respiratoire ou une perte de connaissance, il faut composer le 15 sans attendre.

Quelle différence entre une HAD et un SSIAD ?

Le service de soins infirmiers à domicile assure surtout des soins d’hygiène et des soins infirmiers courants, principalement pour des personnes âgées ou en situation de handicap. L’HAD est une hospitalisation : elle dispose d’un médecin coordonnateur, gère des soins plus techniques et prend en charge des patients dont l’état nécessiterait sinon un séjour à l’hôpital.

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